Tchad : 8 mars au-delà du simple pagne

Le 8 mars au Tchad, tout comme dans de nombreux pays à travers le monde, est une journée symbolique, célébrant les réalisations des femmes et appelant à des initiatives pour l’égalité des chances. Cette date trouve ses racines dans les luttes historiques des femmes pour leurs droits, notamment le droit de vote, le droit au travail et l’égalité salariale. Dans le contexte de mon pays le Tchad, je dirais que la journée du 8 mars est également marquée par l’hommage rendu aux femmes. Mais si y’a une chose qui retient mon attention le plus, c’est sont les brouhahas qui s’articulent autour de pagne que sur les vrais combats.

Quand la question du pagne gagne le pari

Cependant, malgré les actions et les engagements que les mouvements féministes, ainsi que certains pays ont réalisé, la célébration du 8 mars dans mon cher pays est souvent réduite à la distribution de pagnes colorés et à des discours éphémères des officielles. Cette tradition, bien flatteuse, ne reflète pas toujours le véritable sens de la lutte des femmes pour l’égalité et la justice. D’ailleurs c’est qui laissent émerger de discours ou propos comme « bonne fête de femme ou encore on doit offrir à la femme sa pagne, car sans ce dernier la fête n’a pas de sens etc ». À mon avis, il est très important de reconnaître que la lutte pour les droits des femmes va bien au-delà de la simple symbolique d’un tissu. Cependant, les femmes tchadiennes sont confrontées à de nombreux défis, au quotidien notamment la discrimination, la violence domestique, la féminicide, l’accès limité à l’éducation et aux soins de santé, ainsi que la sous-représentation dans les sphères politiques et économiques. C’est ce qui doit être en avant de tout.

Les priorités à mettre en avant

Pour moi, la journée du 8 mars doit être une journée spéciale pour mettre en avant des questions cruciales, telles que la place des femmes dans les instances décisionnelles du pays, la parité dans les nominations, les conditions soin de la femme. Tout fois, il faut noter que les femmes représentent une part significative de la population tchadienne et doivent avoir une voix égale dans les processus de prise de décision qui façonnent. De même, les mouvements féministes au Tchad comme la ligue tchadienne des droits de femmes jouent un rôle vital dans la promotion des droits des femmes et la sensibilisation aux défis auxquels elles sont confrontées. Leur action continue à mettre en lumière les injustices et à œuvrer pour un changement positif dans notre société. En outre, il est impératif de mettre en place des politiques et des programmes visant à garantir l’accès des femmes à l’éducation, à la santé et à l’emploi, l’autonomisation économique.

Pour terminer, je dirais le 8 mars au Tchad ne devrait pas se limiter à une simple distribution de pagnes, ou à des cérémonies de défilé à la place public, mais plutôt être une occasion de réfléchir aux progrès réalisés et aux défis restants en matière de droit de la femme. Je pense qu’il est temps de transformer cette journée en une véritable célébration de la force, de la résilience et de la contribution des femmes à au changement de mentalité.

Billet signé par  Asnath Ngueibe, diplômé en communication et Blogueuse 

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